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 Milo McKellen

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AuteurMessage
Reiatsu Fantôme
Cornichon diplômé
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Messages : 52

MessageSujet: Milo McKellen    Dim 30 Juil - 12:27


 

   
Milo McKellen

   
Une petite phrase sympathique, les paroles d'une chanson, une citation de Victor Hugo. C'que tu veux.

 

 
Nom : McKellen
Prénom : Milo
Surnom : Double M
Âge : 30
Plutôt : Seke

Origine(s) : inconnue
Métier : Tueur à gages / Serveur au Raven
Groupe : R:PHYSIC

Pouvoir et description : Voleur de voix
Malus : Un pouvoir n'est jamais tout rose
Position de la marque et description : Sous la plante des pieds. Ressemble à une brûlure.
Âge de la mort : 27 ans
Cause(s) de la mort : Empoisonnement

►►


Mon pseudo sur le net : Lilith
Âge : 35

Présence sur le forum : 7 / 7 jours
Que pensez-vous du forum : Je le déteste toujours autant c'est pour ça que je fais un tc.

Le personnage sur mon avatar est :
Le code est :


Histoire

ENTRETIEN AVEC UN TUEUR
2015. Manchester.

Helen Stanfield avait peur. Debout derrière la porte, elle posa sa main sur la poignée mais hésita à l'enfoncer vers le bas et franchir le seuil. Seule dans un bâtiment à l'abandon. Avec un tueur à gages. Sur un terrain en friche avec la route à 200 mètres, si ce n'est plus. L'idée de départ était pourtant excellente et prometteuse. Helen, journaliste d'investigation, décide après avoir vu divers films sur le sujet d'interviewer un de ces hommes de l'ombre. L'un d'eux va accepter, rapidement, à son grand étonnement. Un certain "Double M".
Il était là, derrière la porte. Elle se posait des questions. Allait-il la tuer à la fin de l'interview, l'utilisant comme un confessionnal ponctuel ? La piégeait-il car elle avait un contrat sur sa tête ?
Finalement, après une profonde respiration, elle appuya sur la poignée et entra. Elle cligna des yeux et porta une main à son front. Elle reçut de la lumière directement sur son visage, depuis des spots placés stratégiquement, pour ne pas qu'elle puisse distinguer ses traits. Malin...

D'une voix mielleuse et amusée, l'inconnu s'adressa à elle.

- Bienvenue, mademoiselle Stanfield.
- Madame.

Elle osa lui répondre. Gentiment, mais d'un ton tranchant. Elle n'aimait pas qu'on l'appelle mademoiselle. Elle était mariée et fière de l'être. Elle voulait un enfant de son mari. Tueur ou pas, elle ne négligera pas cette information. Et surtout, si l'entité en face d'elle demeurait respectueuse, il ne tenterait rien contre une femme mariée...
"Mais quelle idiote, peut-on attendre des scrupules d'un assassin ?", pensa-t-elle.

- Je vais vous demander d'avancer jusqu'à la chaise. Tout droit. Très bien; Asseyez-vous. Nous avons dit : pas de matériel d'enregistrement. Sinon je cesse immédiatement l'interview.
- Je n'ai rien.
- Je vous crois.

Elle avait l'habitude de prendre des notes. Dans son métier, rares étaient ceux qui toléraient les enregistrements. Trop risqué.

- Bien, commençons.
- D'accord.

Au fur et à mesure de leur échange, Helen oscillait entre malaise et dégoût. Cet homme grossier glissait parfois quelques expressions ampoulées pour convaincre, embobiner, séduire. Le ton doucereux qu'il usait lui conférait une aura de prédateur sexuel plutôt que le tueur froid du jeu vidéo Hitman. James Bond, le tombeur de ses dames, était un timide en comparaison.
L'homme se disait être une pointure de son métier, qu'il décrivait bien. Elle le soupçonnait de broder un peu ; voire de faire de l'auto-promotion. Qui l'en blâmerait ? Si le papier était intéressant, Double M pourrait avoir de nombreux clients. Sa réputation serait connue au delà de son milieu. Certains ne lui pardonneraient pas cette audace et chercheraient à l'éliminer pour avoir brisé la loi du silence. Helen paierait aussi. Elle avala sa salive et nota pour penser à autre chose. Soudain, relisant ses écrits entre deux questions, elle tiqua.

- Pardon, je n'ai pas bien compris votre phrase.
- Plait-il ?

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée par ses manières ostentatoires. Elle s'était procurée de rares renseignements sur lui. Déjà, certains détails ne collaient pas avec l'idée qu'elle se faisait de lui. Cette fois, pourtant, il ne s'agissait plus d’interprétation, mais de faits.

- Vous dites que vous tuez avec des... seringues ?
- Oh, j'ai dit ça ?

Helen le sentit troublé pour la première fois, mais il se remit vite.

- Double M n'est pas plutôt un expert des armes à feu ?
- Si, bien sûr. Parfois cependant, il faut s'adapter à la situation.

L'interview se poursuivit. Elle savait de façon sûre qu'elle a un homme face à elle. Malgré l'aveuglement qui l'obligeait à s'asseoir en biais, elle parvint à discerner une silhouette. Un homme de grande taille, habillé dans une espèce de combinaison moulante qui ne laissait pas vraiment de place à l’imagination. Des lunettes, probablement. Elle avait cru voir des reflets de lumière quand il s'avançait trop près des spots.
Le dialogue arriva bientôt à son terme. Helen n'avait plus qu'une question et son cœur battait la chamade.
Compte à rebours... Bientôt morte ? En vie mais menacée ? Sans un risque d'identification par l'ADN, elle le croyait capable d'abuser d'elle. Ce type était détestable : arrogant, luxurieux, cupide. Elle aimerait pouvoir dresser un tel portrait dans son article, oh, elle aimerait ! Elle ne pouvait pas ; conséquences obligent.  

- Pourquoi ce surnom, double M ?
- Pour Meurtre sans Mobile.

Interviewer et interviewé sursautèrent de concert. Ils se tournèrent instinctivement vers l'angle de la pièce plongé intégralement dans le noir. Le tueur s'apprêta à réagir, mais le son de deux déclics d'armes à feu le cloua sur son tabouret (qu'il avait mis en hauteur : un effet de mise en scène par rapport au siège plus bas d'Helen, pour mieux la dominer).  

- Milo, c'est toi ?

Milo... qui est ce Milo ? Quand était-il entré ? Aucun ne l'avait entendu ; se cachait-il depuis le début ? Le tueur ne se gêna pas pour donner un nom. La crainte sonnait dans sa voix tremblante.

- J'avais raison. Tu te fais passer pour moi. Ton orgueil est à la fois démesuré et minable. Tu veux tellement briller que tu voles la réputation d'un autre en balayant la tienne. Tu me déçois.

Le tueur paniquait. Il trépignait, prêt à s'élancer vers l'invité surprise.

- Ton ouïe te joue des tours, on dirait. J'ai deux armes. Une braquée sur toi, une sur cette journaliste. Je peux vous avoir tous les deux en même temps. Et tu le sais très bien.
- Milo, attends, je...
- Des explications ? Des excuses ? Ou une tentative de manipulation dont tu es si friand ? Finalement, tu es plus fort pour ça que pour le meurtre. Tu aurais dû en rester là où tu étais le meilleur.
- Sale petit...

Le tueur sauta sur l'ombre. Une détonation. Il fut coupé dans son élan. Une détonation. Il retomba sur le dos. Sa chute fit basculer le siège où il était assis.
Helen hurla, lâcha son bloc-note et son stylo sous l'effet de la terreur et quitta son siège pour se caler dans l'angle opposé de l'ombre. Elle tremblait de la tête aux pieds. Elle se mit à pleurer.

- Je suis désolé pour cette mascarade, Mme Stanfield. Puis-je vous appeler Helen ?

Contrairement au macchabée, cet homme s'exprimait avec une gentillesse déconcertante. Elle ne le voyait pas, toujours aveuglée par les spots. La journaliste acquiesça. Elle crut discerner un mouvement : il se déplaça juste devant la porte. Il n'y avait plus d'issue. L'ombre rangea ses armes avant de croiser les bras (du moins, le devinait-elle en se fiant aux sons et aux reliefs de l'obscurité).

- Très bien, Helen. Vous avez joué avec le feu en décidant de faire cet article. On ne badine pas avec les tueurs, comme on dit. Vous avez un ou une conjointe ? Des enfants, peut-être ?

Helen échappa un hoquet. Elle n'arrivait pas à parler. Il ne la força pas, il attendait. Quand elle se décida enfin...

- ... Un... mari.

... elle réalisa qu'elle venait de mettre en danger son époux bien aimé. Mais elle ne put mentir.

- Un mari. Que ressentirait-il si vous veniez à vous absenter, pour un article ? Un scoop vaut-il une vie ?
- Je... Vous allez me tuer ?
- Non, je n'ai jamais dit ça. Ni lui d'ailleurs, si cela vous inquiétait.

"Evidemment que ça m'inquiète !", pensa-t-elle devant cette affirmation aussi surprenante qu'idiote. Qui ne penserait pas une telle chose en présence d'un homme qui en tuait d'autres de sang-froid ?

- Qu'est-ce que vous voulez de moi ?
- Je décide, selon les circonstances, si une personne non liée à mon activité doit vivre ou s'absenter. En l’occurrence, Helen, vous ne le méritez pas. Vous avez juste fait preuve de professionnalisme, de la même manière que vous avez enquêté voilée au Moyen-Orient dans un pays en guerre civile.
- Vous avez enquêté sur moi ?
- Non, j'ai juste lu votre article. Je suis abonné au magazine.

En dépit de sa peur, elle se sentit flattée.

- Oh, vraiment ?
- Vous avez souvent frôlé le danger. Certains de mes collègues vous auraient envoyé six pieds sous terre. Méfiez-vous, votre bonne fortune ne sera pas éternelle. Aujourd'hui, vous avez la chance d'être tombée sur cet escroc et que l'original soit sur place.

Helen se sentit soulagée, un bref instant.

-  A présent, je vais vous demander de vous déshabiller, s'il vous plait.

A peine éclipsée, sa peur revint. Estomaquée, elle se mit à rougir fortement.

- Je ne suis pas attiré par les femmes. Je veux juste que vous soyez sans effets et que vous m'envoyez tout vers moi. Vêtements, sac, notes, stylo, tout.

Très gênée et angoissée, elle s'exécuta avec lenteur et lança tout vers lui, le plus loin possible. Le dénommé Milo la regarda attentivement et lui demanda de tourner sur elle-même, l'examinant sous toutes les coutures. Ensuite, il se baissa sur ses genoux et fouilla minutieusement toutes les objets jetés au sol. Attentionné, il rendit dans un ordre bien précis les affaires d'Helen de façon à ce qu'elle ne resta pas longtemps nue.

- Vous ne lui avez pas menti. Pas d'enregistrement. A présent, je vais garder vos notes. Tout ce qu'il s'est passé ici n'est jamais arrivé. La seule chose qui en témoigne est votre mémoire. Vous en convenez ?

La jeune femme, toujours craintive, hocha la tête.

- Nous allons conclure un pacte tous les deux. Tant que rien ne sort de votre mémoire, de quelque manière que ce soit, tout va bien. Si un jour, vous me mettez en danger, je serais obligé de vous absenter.

Encore cette expression. Il ne disait jamais "tuer", "assassiner"... Cet homme était vraiment singulier.

- J'aurais toujours un moyen de vous retrouver. Alors oubliez ce qu'il s'est passé.
- Comment le puis-je ? Et que vais-je dire à mon rédacteur-chef ?
- Qu'un petit plaisantin vous a joué un tour et que vous êtes restée ici à attendre pour rien. Vous rentrez bredouille et vous changez de sujet.
- Et ... C'est tout ?
- Vous avez une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et vous l'aurez toute votre vie. Ce n'est pas suffisant ?

Il n'avait pas tort. Helen saisissait enfin l'ampleur de sa chance. Elle réalisait, grâce à cet inconnu à la fois effrayant, sage et doux, qu'elle avait été stupide de se lancer dans ce projet.
Milo se retourna et ouvrit la porte.

- Mer... Merci.
- De rien.

Un retour de politesse aussi convenu que si elle lui avait acheté une baguette de pain.

- Au fait... Cet "escroc"... Qui était-il ?

Le tueur ajouta, juste avant de disparaître dans le couloir :"Une ordure".

DOUBLE JE
2018. Ville de Nifleim.
Je m'appelle Milo McKellen. J'ai 30 ans. Je suis serveur. Je suis très compétent dans ce que je fais. Le Raven est l'un des endroits les plus agréables la ville. Je fais très attention à bien retenir les commandes et à faire preuve de petites attentions. Je maîtrise particulièrement le transport en plateau et sa vaisselle en équilibre précaire. Je suis respectueux de la clientèle, je ne me mêle pas des discussions et veille à être toujours souriant et à ne jamais faire attendre. Les clients sont ravis. Le patron aussi.
Mon salaire n'est pas mirobolant mais je m'en fiche. J'aime bien ma vie, mon quotidien. J'aime ma caravane dans laquelle j'ai toutes mes affaires, avec laquelle je peux bouger si je veux changer de vue. Une terrasse mouvante, qui n'en a jamais rêvé ? L’intérieur est dépouillé. Un peu impersonnel peut-être. J'ai tout le confort nécessaire. Cuisine équipée, lit deux places, douche et WC intégrés, borne 4G et ordinateur portable pour regarder la télévision, des dvd, ou naviguer sur internet. J'aime bien lire mais je n'ai pas de place pour les livres. Je vais à la médiathèque de Nifleim. Je suis adhérent régulier. Pour me déplacer, j'opte pour le vélo. Je mélange sport et écologie.

Je m'appelle Milo McKellen. J'ai 30 ans. Je suis nettoyeur. Je suis très compétent dans ce que je fais. Dans les milieux en rapport avec les tueurs à gages, je suis très célèbre.  Je fais très attention à ne laisser aucune trace et je maîtrise particulièrement les armes à feu, à courte, moyenne ou longue portée. Je n'absente pas ma cible sans un contrat en bonne et due forme. Les clients sont ravis. Les Double Lettres aussi. Nous formons une bonne équipe. Je ne fais jamais de zèle : réussir le contrat, assurer mes arrières, point barre.
Mes gages sont extrêmement onéreux. Mais je m'en fiche : quand on veut de la qualité, on y met le prix. J'aime la double-vie, mon quotidien. Un tueur à gages ne l'est jamais à plein temps. Ma caravane est l'habitation dans laquelle je conserve mes affaires. Il suffit de connaître le code du cadenas électronique de la trappe cachée sous le lit. J'ai tout le matériel nécessaire. Fusils à pompe, fusil de précision, revolver, silencieux ; holsters de cheville, de hanche, d'épaule. J'aime bien le tir mais je n'ai pas la place pour un arsenal. Pour me déplacer, j'utilise une moto. C'est rapide et efficace dans les courses-poursuites.

L’ALLÉGORIE DE LA CAVERNE
? - 2015.

J'ai un peu arrangé la réalité. Double M, ce n'est pas que moi. Nous sommes un groupe de cinq. Baptisé entre nous les Double Lettres. Mais lorsqu'on nous contacte pour une absence, c'est toujours auprès de Double M. Pour l'extérieur, nous sommes une seule et unique personne. C'est ainsi que nous protégeons nos identités. Les raisons sont faciles à comprendre.
Le groupe s'est formé il y a longtemps.
En son centre, jusqu'en 2015 dans la ville de Manchester, une personne.
Le patron.
Notre mentor.

Tout ce qui m'a été raconté sur mon enfance, donc je n'ai pas de souvenir, l'a été par le Docteur Deterik. Je ne sais pas où je suis né, ni qui sont mes parents. On m'a trouvé dans un panier de linge propre dans une blanchisserie. Confiés à des services sociaux, puis mis en orphelinat, j'ai été adopté dès que ce fut administrativement possible par le docteur. Il m'a ramené dans une sorte de manoir avec beaucoup de pièces, de couloir, de sous-sol. Un grand parc entouré de grands murs.

Je me trouvais dans le manoir en compagnie d'autres enfants. Le docteur avait une fascination étrange pour les initiales à double lettre. D'où mon nom ; mais aussi celui de mes "frères".
Lilian Lamy, le plus jeune, roux comme une carotte et adorant se déguiser. Surtout en fille. Guilbert Gruber, un mastodonte à la peau café, fan de bricolage et de bidoullage en toute genre.  
Kingsley Knight, un baratineur et stratège hors pair, possédant un précieux sens de la camaraderie.
Xavier Xypolitas, un pur génie mais aussi une tête de pioche qui donna beaucoup de fils à retordre au docteur.

Ce dernier nous élevait selon des critères un peu particuliers. Il n'était pas un père de substitution, mais un éducateur. Pendant des journées, nous croisions différents adultes dont le visage était toujours masqué. Ces personnes agissaient sous les ordres du docteur et nous formaient à différentes disciplines. Dès que nous fumes plus grands, nous apprenions les langues étrangères, les sciences, l'informatique et l'usage des nouvelles technologies. Mais le docteur rajoutait des domaines qu'il se réservait. L'anatomie, les différentes façons de tuer un être humain, l'usage des armes. Et la philosophie. Enfin, je compris plus tard qu'il s'agissait de SA philosophie.

Nous avions droit à des évaluations, tous les mois, depuis les premiers âges de l'apprentissage à notre fin d'adolescence. Les punitions tombaient quand nous étions mauvais, peu attentifs, pas intéressés. Xavier, sur ce point, pourrait écrire un livre. En revanche, si nos résultats étaient excellents et prometteurs, des cadeaux nous attendaient. Des moments de plaisir. Jouets, bonbons, livres pour commencer.
D'autres récompenses se découvraient au fur et à mesure de notre maturité. Elles dépendaient de l'humeur de notre mentor. Sa préférée néanmoins était la plus fréquente : celle de faire découvrir à ses "petits protégés" (comme il nous appelait) les "vrais plaisirs". Nous y passâmes tous les cinq. La première fois fut pénible. Cependant, j'avoue que j'y prenais goût, même si j'aurais préféré avoir un autre partenaire que le docteur, pour essayer. En revanche, Guilbert, pourtant le plus balèze du groupe, envisageait ce moment comme une punition, bien que le docteur tentait de le consoler en disant qu'il apprendrait à apprécier un jour où l'autre.

A partir de notre seizième anniversaire, nous avions parfois l'autorisation de sortir du manoir et d'accompagner le Docteur Deterik sur le terrain. C'était un instant de joie car nous pouvions voir le monde extérieur, dont nous ne savions pas grand chose, à part ce qu'on avait bien voulu nous en dire dans nos leçons ou certains livres que nous lisions. Selon la complexité du travail de notre mentor, soit on le regardait faire, soit nous le faisions nous-même. J'aimais bien m'en occuper moi-même, j'avais l'occasion de montrer ce que je savais faire.

Bien vite, le docteur se montra plus gentil et plus proche de moi que mes "frères". Je l'accompagnais souvent. J'obtins même le privilège de gérer seul un contrat, pour fêter mes 21 ans. Je goûtais alors au plaisir d'agir comme bon me semblait, avec mes propres méthodes. Je sortis avec un joli garçon pendant mes temps de repos. Celui-ci, très ouvert d'esprit, me fit découvrir en une semaine des notions qui m'avaient échappé jusqu'alors. Le libre arbitre, la liberté et la réalité. Il m'ouvrit les yeux : pendant des années, les Double Lettres avaient été enfermés par un fou qui les menait à la baguette. Nous étions à des kilomètres de la vie réelle. Quand je revins au manoir, une fois mon ce boulot accompli, je ne fus plus le même. Je me força à oublier ce joli garçon pour ne pas le mettre en danger.

J'entrepris d'expliquer à mes frères mon projet. J'allais monter ma propre activité, indépendamment du Docteur. Sceptiques, ils ne me trahirent pas pour autant.
Xavier se chargea même de communiquer sur internet (il était devenu un hacker de génie) et je commençais à obtenir des demandes. Dès que je pouvais les honorer, je le faisais. J'étais gêné d'utiliser les talents de mes compagnons tandis qu'ils restaient cloîtrés car le docteur ne les envoyaient presque plus sur le terrain qu'autrefois.

Kingsley m'en expliqua un jour la raison. Notre éducateur avait démasqué mes intentions et craignait que ses autres protégés ne quittent aussi le nid. Il avait entrepris de les embrigader et de les forcer à obéir aveuglément. Si le docteur présentait son inquiétude sous des airs de papa inquiet, je savais qu'il n'en était rien. Son gagne-pain principal et son amant le plus appliqué lui échappait.
Je vins à sa rencontre et expliquais mon projet. Je lui présentais même les contrats qui me parvenaient par mail. Contrarié, Deterick reconnut que ses clients me demandaient de plus en plus à sa place. Devenant un poids pour lui et son activité, il finit par me renvoyer du manoir, avec obligation de ne pas y revenir. En revanche, en tant que mon formateur et mentor, il agirait en tant qu'agent de liaison, toucherait un dividende sur mes recettes. Ma précieuse boîte mail lui fut ainsi confié. Je quittais mes frères tout en semant des miettes de pain sur mon chemin...

L’ÉLÈVE DÉPASSE LE MAÎTRE
2015

"Double M" n'était plus un esclave ; il avait été en partie affranchi. L’œil du Docteur n'était pas loin. Je le voyais sur mes factures. Néanmoins je ne m'attendais pas à obtenir un tel succès. Je voyageais dans le monde entier et je profitais des temps morts pour accéder à ce monde dont j'avais été privé si longtemps. Je continuais à absenter des gens ; après tout, je ne savais faire que ça et pour moi, c'était aussi banal que de vendre une machine à laver. Mon agent me félicitait souvent par des lettres qu'il m'envoyait. Mais je sentais derrière son écriture de plus en plus étriquée qu'il n'était pas si content.
Lorsque je rencontrais d'autres professionnels, j'en apprenais de plus en plus sur cet homme. Et sur sa morale. Ou son absence de morale. Il ne suivait pas les règles du métier et se prenait pour le grand patron. On me conseilla de me détacher définitivement de son influence.

En dépit de tout ce qu'il avait infligé à mes frères et moi, je l'invitais un soir de juin dans un restaurant. Je lui fis part de ma décision. Deterick accepta plus facilement que je le crus. Il reconnut qu'il devait couper le cordon ombilical et qu'il ne pourrait plus me diriger bien longtemps. Il ne demanda qu'une seule requête ; que nous passions une dernière nuit ensemble. Naïvement, j'acceptais. Il me mena dans un hôtel et nous coïtâmes une dernière fois. A la fin de l'acte, il m'embrassa langoureusement. Il me tenait la tête par la nuque, fermement. Je crus à un dernier baiser de prolongation lié au regret de me perdre. Jusqu'à ce que je ne sente une aiguille se planter dans mon cou. Je me débattis et repoussa le docteur d'un coup de pied avant de me mettre à tousser. Je m'étouffais. Mon rythme cardiaque s'accélérait. Mon mentor se leva et tout en se rhabillant calmement, il se mit à ricaner.

- Tu sais que tu as foutu la merde dans mes affaires ? Les quatre autres veulent t'imiter. Ils n'ont d'admiration que pour toi. Tu m'as démystifié à leurs yeux ! Tu me voles même mes client ! Tu as écrasé un business que j'ai mis des années à mettre en place. Je t'ai élevé depuis tout petit, et voilà comment tu me remercies ? J'espère que tu sens bien en toi le poison de ma colère, qui va te faire souffrir lentement... Adieu, Milo.

Il quitta la chambre, tandis que je rampais jusqu'aux toilettes pour me faire vomir. Tout mon corps me brûlait, je ressentais chaque veine palpiter. A peine je parvins à la lunette que je m'écroulais, la tête la première, dans l'eau des Waters.  

Quand je rouvris les yeux, de l'eau rentrait par mes narines, par ma bouche. Je reculais d'un coup et retombais sur mon sacrum, haletant en quête d'air. Dès que je retrouvais mes esprits, je me levais péniblement jusqu'à la chambre. Je m'emparais de mon téléphone portable. Tous les numéros relatifs au manoir avaient été effacés. Je me souvins brutalement de l'endroit où je m'étais réveillé et je me dirigeais en chancelant jusqu'à la douche. Je me sentais sale, trahi, humilié. Mais surtout en colère.

Avec précaution, je partis sur les traces de D.D.. L'étrange créature qui m'avait parlé à mon âme (pendant que mon corps physique faisait l'autruche dans la cuvette des toilettes), m'avait demandé de la divertir. Soit.
Je m'aperçus très vite que depuis des moi,s le docteur avait osé voler mon identité. Il se faisait passer pour moi. Personne n'avait rien vu, étrangement. Peut-être parce que pour l'instant il ne s'était pas trahi et que ses victimes s'absentaient toujours à cause d'armes à feu. J'attendais le moment où il commettrait une erreur.

J'attendis qu'il sortit du manoir, guettant jour et nuit depuis un abri de fortune. Je me fis un plaisir de retrouver mes frères. Lilian était toujours aussi perché. Kingsley avait mûri et s'était endurci. Xavier était devenu un hacker et passait sa vie sur écran. Guilbert se perdait lui-aussi dans sa passion pour éviter d'être hanté par ses démons. Tous furent heureux de me revoir. Je leur proposais de s'enfuir d'ici et de me rejoindre. Chacun utiliserait ses capacités et les fonds seraient partagés équitablement. Ceux qui ne veulent pas participer en avaient le droit. Tous acceptèrent, à condition que Deterick disparaisse. Pour ne pas éveiller les soupçons, les quatre frères restèrent au manoir et gardèrent le contact avec moi. Lilian et Xavier parvinrent à trouver des informations. Une certaine journaliste était entrée en contact avec le faux Double M. Cet escroc voulait donner une interview afin d'étendre à nouveau son hégémonie sur les Professionnels. Notre dernier renseignement obtenu, nous préparâmes notre vengeance, si douce en comparaison de ce que nous avions vécu.

Après son absence, nous entreprîmes d'organiser le groupe de Double M. Au final, je suis le seul tueur du groupe. Mes frères ne possédaient pas a même technique que moi et nous voulions conserver l'illusion du solitaire. Ils m'aident autrement, en me fournissant des informations sur mes cibles, me commandant du matériel, entretenant mon véhicule de fonction, en me donnant des conseils. Nous avons établi des règles auxquelles nous nous tenons. Entre autre :
Double M. est un tueur à gages freelance. Il reste indépendant.
Il n'accepte les missions que si son vrai commanditaire se montre.
Il refuse de connaître les raisons du meurtre.
Il ne tue ni les enfants, ni les femmes enceintes.
Il n'aime pas qu'on le trahisse et règle le compte de celui qui rompt une condition du contrat.
La rémunération est payée en cash, avec une avance de 25%, remboursée en cas d'échec.

Nous avons le droit de vivre comme nous l'entendons (mode de vie, lieu, relations, etc). Nous ne devons en revanche pas parler de notre activité à qui que ce soit. Si nous voulons nous retrouver, nous nous donnons rendez-vous là où je suis installé.
2018. Angleterre. Ville de Nifleim.

Caractère
Là, c'est le physique de Monsieur ! Petit ou grand, blond ou brun (et même vert !), vous décrirez tout ici ! Nous demandons un petit minimum de 15 lignes ! (par rapport à ce cadre)
Physique

......................



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Neliel tu oderschvank

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Messages : 308

MessageSujet: Re: Milo McKellen    Mar 30 Oct - 18:57


Lilian Lamy - Infiltration, déguisements, poison
Guilbert Gruber - Mécanicien, armes de guerre et explosifs
Kingsley Knight - Arts martiaux et logistique
Xavier Xypolitas - informatique, armes blanches
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Milo McKellen
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